Le tournage du long métrage a débuté

Mardi 12 juillet, 11 h. Parti réaliser un reportage à l'école Salengro, lieu de tournage du long métrage "Du vent dans mes mollets" (avec Agnes Jaoui, Isabelle Carré et Denis Podalydes), je suis surpris par le calme qui règne aux abords de l'école. Seuls les 3 camions de matériels stationnés sur le mail piéton derrière l'école trahissent ce qui s'y déroule actuellement. J'entre dans la cour. Il pleut. "Silence s'il vous plait !" Moteur demandé !... Ca tourne !". La voix provient de l'une des classes. Je m'y dirige. A droite, une porte et une pancarte : "Production". J'entre pour m'annoncer. Je suis très bien reçu, mais il me faudra patienter un petit quart d'heure avant de pouvoir entrer dans la classe faire quelques photos. L'attente en vaut la chandelle.

Si le Château situé sur le hameau d'Amblaincourt accueille régulièrement des tournages de films ou de clips, il est beaucoup plus rare qu'un tournage se déroule en plein centre-ville. Je m'abrite sous une tente. Devant moi, une table, sur laquelle chacun trouvera de quoi boire ou se restaurer. Et pour cause, il y a des bouches à nourrir. En plus de l'équipe technique, ce sont pas moins d'une trentaine d'enfants qui ont été recrutés pour faire les figurants.

"Coupez !". Tiens, l'une des scènes est terminée. Dans la minute qui suit, une jeune fille menue, souriante, habillée à la mode des années 80 sort de la classe et vient se servir un jus d'orange. C'est mon jour de chance, il s'agit de la petite Juliette. À 8 ans, c'est elle qui incarne l'héroïne du film, la petite Rachelle. C'est son histoire, tirée de l'oeuvre de l'auteure et comédienne Raphaële Moussafir qui est ici mise en scène par Carine Tardieu. La jeune fille a déjà passé 5 semaines à tourner, des semaines réparties entre Paris et une ville des Yvelines. Elle passera encore trois semaines à Chambly. "Je joue une petite fille timide qui va rencontrer Valérie, une fille très joyeuse, dynamique, qui va m'emmener dans son monde, me faire sortir de ma coquille, faire des bêtises." me raconte t-elle. Radieuse, pleine de vie, la jeune fille me semble être mure, lucide, bien dans sa peau.

Ca y est, cette fois je peux entrer sur le lieu du tournage. Je remercie la jeune Juliette puis m'engouffre dans la classe. Quatre enfants sont attablés au milieu de la pièce, devant une institutrice aussi austère que stressée. Je reconnais les jeunes camblysiens, habillés eux aussi façon "années 80" et visiblement très heureux d'être là. Ils sont entourés de 7 personnes, cadreur, réalisatrice, preneurs de son, techniciens. "Pas de flashs pour vos photos s'il vous plait" me dit-on. En bon élève, je m'installe silencieusement au fond de la classe et me fais tout petit. "Silence s'il vous plait !" Moteur demandé !... Ca tourne !". Chacun connaît parfaitement son rôle. "103-8-Première !" clame l'un des techniciens avant de faire retentir le fameux "Clap". "De la discipline !!" crie l'institutrice, devant ses élèves turbulents qui n'ont que faire de ses consignes. "Soumettez vous ou je vous ferai vivre un enfer !!" s'écrie t-elle, extrêmement stressée, avant de recevoir une boulette de papier sur elle.

Je remarque le travail de précision du preneur de son, qui suit scrupuleusement l'actrice à chacun de ses mouvements avec sa perche afin d'obtenir le meilleur son possible. "Coupez !" dit la réalisatrice au bout de quelques minutes en riant. Toute l'équipe a le sourire. La scène est drôle, les acteurs investis. L'ambiance qui règne ici est réellement excellente. Je ressors en remerciant chacun pour son accueil. J'ai déjà hâte de voir le film à sa sortie en salle afin de voir l'étendue des talents de la jeune Juliette, la scène de la classe et tous les jeunes camblysiens qui y auront fait de la figuration.

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